Dibombari Mbock vs Mbog Bassong

Dibombari Mbock vs Mbog Bassong

📚 Ce que vous allez apprendre dans cet article

  • Deux voies vers le kémitisme : Comment Dibombari Mbock et Mbog Bassong partent tous deux d’un retour à Kemet, tout en proposant des chemins différents vers la sagesse de l’Égypte ancienne.
  • Le retour de Dibombari Mbock à Maât : Pourquoi Mbock s’appuie sur les hiéroglyphes, Maât et les langues bantoues pour fonder une philosophie africaine autonome, enracinée dans l’histoire et la philologie.
  • Mbog Bassong : des mythes à la science : Comment Bassong lit les mythes et cosmologies africains comme des clés symboliques vers une philosophie moderne, en dialogue avec la science et la théorie quantique.
  • Objectifs communs : En quoi ces deux penseurs cherchent à décoloniser la pensée, à recentrer l’Afrique dans l’histoire du monde et à renforcer une identité africaine assumée et souveraine.
  • Différences majeures : Comment leurs méthodes, priorités et œuvres littéraires se distinguent – entre travail sur les hiéroglyphes et Maât chez Mbock et méthode systémique et « théorie du tout » chez Bassong.
  • Impact intellectuel et politique : Quel rôle leurs idées jouent dans les milieux universitaires africains, les débats panafricanistes et la diaspora, entre réappropriation culturelle et projet d’émancipation politique.

💡 Pourquoi cet article est important : Il montre comment deux des penseurs contemporains les plus influents du courant kémitique mobilisent des outils différents pour repenser la spiritualité, la philosophie et la science africaines – et invite à réfléchir à l’avenir de la renaissance africaine entre retour aux sources et production de savoirs modernes.

⏱️ Temps de lecture : env. 15–25 minutes | 📍 Région : Kemet / Cameroun / Diaspora | ⏳ Perspective : De la sagesse pharaonique à la philosophie africaine contemporaine

Les similitudes et différences entre ces deux penseurs. Une comparaison de leurs approches philosophiques et de leurs œuvres littéraires.

Tous deux rattachés au kemetisme africain, ils se concentrent fortement sur la redécouverte et l’importance de la civilisation de l’Égypte ancienne (Kemet) pour la philosophie africaine moderne et l’identité africaine.

Dibombari Mbock : un retour à Kemet

Dibombari Mbock est un écrivain camerounais dont l’œuvre est profondément ancrée dans l’étude des hiéroglyphes égyptiens et de la philosophie de l’Égypte ancienne. Son principal objectif est de démontrer la continuité culturelle et linguistique entre l’Égypte ancienne et les peuples africains actuels, en particulier les Bantous. Il considère la civilisation égyptienne non seulement comme une source historique, mais comme une base philosophique vivante qui façonne encore aujourd’hui l’identité et la vision du monde africaines.

Ses ouvrages, tels que Les Hiéroglyphes Égyptiens ou Traité sur Maât, abordent des thèmes comme les hiéroglyphes en tant que langue universelle, la pertinence de la philosophie de Maât (ordre, vérité, justice) pour l’Afrique contemporaine, ainsi que le lien entre les divinités égyptiennes comme Osiris et les traditions spirituelles des peuples subsahariens.

Approche philosophique : L’approche de Mbock est historique et herméneutique. Il utilise des méthodes philologiques et historiques pour rendre accessible la sagesse de l’Égypte ancienne à notre époque. Son travail vise à créer un fundamentum pour une philosophie africaine non colonisée par les pensées occidentales. Il soutient que le retour aux sources spirituelles et intellectuelles de Kemet est la clé de la renaissance africaine. Pour lui, la revitalisation des traditions égyptiennes anciennes est une voie vers la décolonisation de l’esprit.

Mbog Bassong : du mythe à la science

Mbog Bassong, également penseur camerounais, partage avec Mbock la conviction de l’importance centrale de l’Égypte ancienne. Cependant, son œuvre dépasse la simple reconstitution historique et tente de relier les mythes et cosmologies égyptiennes anciennes aux concepts modernes des sciences naturelles, notamment la physique quantique. Il affirme que les cosmologies africaines anciennes ne sont pas de simples récits mythiques, mais des représentations symboliques complexes de vérités universelles proches de la science moderne.

Approche philosophique : La philosophie de Mbog Bassong est analytique et systémique. Il perçoit dans la mythologie africaine un noyau rationnel et un système philosophique cohérent. Dans son livre La méthode de la philosophie africaine, il propose une approche méthodique de la philosophie africaine basée sur l’herméneutique des mythes. Il soutient que ces mythes sont la seule voie possible pour entrer en contact avec la vérité universelle, le « Réel ». Son but est d’établir la philosophie africaine comme une pensée avancée et scientifiquement fondée.

Similarités et différences

Similitudes :

  • Fondement kemetique : Les deux penseurs considèrent l’Égypte ancienne (Kemet) comme le berceau de la philosophie africaine et une source essentielle d’inspiration pour la décolonisation de la pensée africaine.
  • Focus sur l’identité africaine : Ils visent à promouvoir une identité africaine autonome et forte, fondée sur leurs propres bases historiques et culturelles.
  • Rejet de l’hégémonie occidentale : Ils partagent une critique de la domination des traditions philosophiques occidentales et aspirent à repositionner la philosophie africaine comme une contribution autonome et égale à la philosophie mondiale.

Différences :

  • Méthode : Dibombari Mbock est principalement orienté vers l’histoire et la philologie, établissant les liens historiques et linguistiques entre Kemet et l’Afrique contemporaine. Mbog Bassong adopte une approche plus analytique et scientifique, cherchant à relier les cosmologies égyptiennes anciennes à la physique moderne et à la théorie quantique.
  • Focus : Le travail de Mbock est davantage centré sur la revitalisation concrète des enseignements et hiéroglyphes égyptiens pour créer une base philosophique et culturelle. Bassong s’intéresse davantage à une réinterprétation épistémologique visant à démontrer que la sagesse africaine contenait déjà une « théorie du tout » scientifique avancée.
  • Axes littéraires : Alors que Mbock a écrit une large gamme d’ouvrages sur les hiéroglyphes, Ma’at et leur lien avec les langues bantoues, les œuvres de Mbog Bassong se concentrent davantage sur les questions méthodologiques de la philosophie africaine, la sociologie et l’esthétique.

La réception dans le monde intellectuel africain

Les travaux de Mbock et Bassong suscitent des réactions diverses dans le paysage académique et intellectuel africain. L’approche historique et herméneutique de Mbock est particulièrement reconnue dans les cercles philologiques et culturels, tandis que la tentative de Bassong de combiner mythe et science est souvent perçue comme innovante mais aussi controversée. Néanmoins, les deux approches contribuent au débat sur l’autonomie et l’avenir de la philosophie africaine.

La dimension politique

Les deux penseurs dépassent les limites de la philosophie pure. Le recours de Mbock à Ma’at renvoie à une éthique de justice et d’ordre social pouvant inspirer les institutions politiques africaines. L’approche systémique de Bassong fournit quant à elle une base pour une philosophie des sciences africaine visant à renforcer l’indépendance politique et économique de l’Afrique.

L’influence sur la diaspora africaine

Les idées de Mbock et Bassong ont également trouvé un écho dans la diaspora africaine. Elles sont perçues par les intellectuels en Europe, aux États-Unis et dans les Caraïbes comme des outils pour redéfinir leur identité. Elles servent notamment dans les débats postcoloniaux de fondement pour un retour aux racines africaines.

Conclusion : deux voies vers la renaissance africaine

Qu’il s’agisse du retour philologique et historique de Dibombari Mbock ou de la synthèse systémique et scientifique de Mbog Bassong, les deux chemins convergent vers le renforcement de la conscience de soi africaine. La philosophie africaine gagne en profondeur et en diversité grâce à leurs approches. Peut-être que la véritable force ne réside pas dans le choix entre ces positions, mais dans leur complémentarité.

Qu’en pensez-vous ? L’avenir de l’Afrique nécessite-t-il plutôt un retour aux origines ou une synthèse avec les modèles scientifiques modernes ?

Liens

Dans cet article, nous comparons plusieurs ouvrages de Dibombari Mbock, dont « Connaître Osiris » et « Tata Nzambi: Origine et signification de l’Être Suprême », qui propose une synthèse majeure sur l’Être Suprême africain. 

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Foire aux questions (FAQ)
Qui sont Dibombari Mbock et Mbog Bassong ? +
Dibombari Mbock et Mbog Bassong sont deux penseurs camerounais majeurs du courant kémitique contemporain. Ils partagent un intérêt central pour l'Égypte ancienne (Kemet) comme source de la philosophie africaine, mais développent des approches différentes pour repenser l'identité, la spiritualité et la pensée africaine à partir de cette origine commune.
Quelle est l'approche de Dibombari Mbock en philosophie africaine ? +
L'approche de Dibombari Mbock est historique et herméneutique. Il s'appuie sur l'étude des hiéroglyphes égyptiens, de Maât et des langues bantoues pour montrer la continuité culturelle et linguistique entre Kemet et l'Afrique contemporaine. Ses ouvrages, comme ses livres sur les hiéroglyphes ou Maât, visent à fonder une philosophie africaine autonome en revenant aux sources spirituelles et intellectuelles de l'Égypte ancienne.
Quelle est l'approche de Mbog Bassong en philosophie africaine ? +
L'approche de Mbog Bassong est analytique et systémique. Il interprète les mythes et cosmologies africains, notamment ceux liés à l'Égypte ancienne, comme des systèmes symboliques porteurs d'un noyau rationnel proche des sciences modernes, en particulier de la physique quantique. Dans ses travaux comme La méthode de la philosophie africaine, il propose une herméneutique des mythes pour établir la philosophie africaine comme une pensée avancée et scientifiquement fondée.
Quelles sont les principales similitudes entre Dibombari Mbock et Mbog Bassong ? +
Les deux penseurs partagent un fondement kémitique en considérant l'Égypte ancienne comme le berceau de la philosophie africaine. Ils cherchent tous deux à décoloniser la pensée, à rejeter l'hégémonie des traditions philosophiques occidentales et à promouvoir une identité africaine autonome et souveraine. Leur travail contribue à repositionner la philosophie africaine comme une contribution majeure au débat intellectuel mondial.
Quelles sont les principales différences entre Dibombari Mbock et Mbog Bassong ? +
Dibombari Mbock se concentre sur les liens historiques, linguistiques et philosophiques entre Kemet et les peuples africains actuels, en mettant l'accent sur Maât et les hiéroglyphes comme base d'une renaissance africaine. Mbog Bassong, quant à lui, cherche à relier les cosmologies et mythes africains aux sciences modernes en proposant une lecture systémique qui va jusqu'à une forme de "théorie du tout" africaine. Le premier est plus ancré dans la philologie et l'histoire, le second dans l'épistémologie, la méthode et le dialogue avec la science contemporaine.
Pourquoi cet article sur Dibombari Mbock et Mbog Bassong est-il important ? +
Cet article est important car il montre comment deux des penseurs africains les plus influents du courant kémitique utilisent des outils différents pour repenser la spiritualité, la philosophie et la science africaines. Il met en lumière leurs convergences autour de la renaissance africaine et de la décolonisation de la pensée, tout en soulignant leurs divergences méthodologiques. Cela permet aux lecteur·rices de mieux comprendre les enjeux intellectuels et politiques de la philosophie africaine contemporaine.
Où puis-je trouver les livres de Dibombari Mbock et de Mbog Bassong ? +
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