Le Coq et le Marchand
Une fable sénégalaise
Lâhumour africain est riche, profond et souvent trĂšs subtil.
Il joue avec lâironie, les histoires dâanimaux, les doubles sens et les retournements moraux oĂč celui quâon croit naĂŻf sâavĂšre parfois le plus rusĂ©.
La fable : Le coq et le marchand
| Origine: | Sénégal (Dakar) |
| ThĂšmes: | Ruse, sens des affaires, langage |
Chaque matin, un coq picorait en cachette du maïs sur l'étal d'un marchand.
Un jour, lâhomme lâattrapa : « Cette fois, je vais te vendre ! »
Le coq supplia : « Laisse-moi partir ! Je peux chanter pour annoncer la venue dâun client riche. »
Le marchand le relĂącha, et effectivement, un riche client arriva peu aprĂšs.
Le marchand se réjouit : « Fais-le encore ! »
Le coq chanta â cette fois, un mendiant apparut.
« Menteur ! » sâexclama le marchand.
Le coq rĂ©pondit calmement : « Jâai seulement chantĂ©, je nâai rien commandĂ©. »
Contexte de lâhistoire
Cette fable originaire du SĂ©nĂ©gal đžđł est particuliĂšrement populaire Ă Dakar, un centre dynamique de commerce et dâactivitĂ©. Ă Dakar, on aime raconter cette histoire qui se moque des attentes exagĂ©rĂ©es et de la cupiditĂ© dans les affaires.
Contexte culturel : Ruse et communication
- Dakar et le commerce : Lâhistoire se dĂ©roule dans lâenvironnement marchand animĂ© de Dakar. Dans une culture marquĂ©e par le commerce (contrairement Ă une Ă©conomie purement de subsistance), lâagilitĂ©, la ruse (ruses) et lâart du dialogue sont essentiels.
- Le coq et la parole : Le coq incarne ici le pouvoir du langage et de la communication. Il est maĂźtre du jeu de mots et de lâinterprĂ©tation littĂ©rale. Il ne trompe pas le marchand par le mensonge, mais en utilisant les attentes du marchand contre lui.
Le thĂšme : ruse et humour sec
- Le coq-trickster : Le coq est le trickster ingĂ©nieux. Il exploite la cupiditĂ© et la surinterprĂ©tation du marchand. Celui qui pense pouvoir utiliser le coq pour sâenrichir se fait lui-mĂȘme piĂ©ger.
- Lâhumour sec : Lâesprit de la fable rĂ©side dans la rĂ©ponse laconique du coq : « Jâai seulement chantĂ©, je nâai rien commandĂ©. » Câest un exemple parfait de lâhumour sec et parfois philosophique qui caractĂ©rise nombre de rĂ©cits ouest-africains. Cette chute met Ă nu la croyance du marchand quâil pourrait manipuler la nature Ă sa guise.
La morale : attentes et avidité
đđœ Morale : Ne promettez jamais plus que ce que vous pouvez chanter.
- Critique de la cupiditĂ© : Cette histoire fait la satire des attentes exagĂ©rĂ©es et de la cupiditĂ© du marchand. Parce que le premier client Ă©tait riche, le marchand pense que le coq ne peut attirer que lâabondance.
- La leçon : La morale « Ne promettez jamais plus que ce que vous pouvez chanter » est à double sens :
-
- Pour le coq : Restez fidĂšle Ă ce que vous savez faire (chanter), sans promettre plus.
- Pour le marchand : Nâattendez pas quâun simple chant (ou un petit investissement) vous garantisse la richesse ; sachez accepter ce qui vient, mĂȘme si câest un mendiant.
Conclusion de la fable
Voici une fable moderne, vive et perspicace du SĂ©nĂ©gal, qui unit sens du commerce, jeux de mots et critique humoristique de lâaviditĂ©. Elle montre que la ruse et la comprĂ©hension des rĂšgles (du langage) lâemportent parfois sur lâintĂ©rĂȘt personnel pur.
Liens supplémentaires
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Lâhumour africainâŠ
Ă Dakar, on aime se moquer de ceux qui pensent pouvoir tout contrĂŽler â et qui se font avoir par un coq.













