Un essai majeur sur l’indépendance du Cameroun
Publié pour la première fois en 1972, Main basse sur le Cameroun est l’un des grands essais politiques de Mongo Beti. L’écrivain y examine les premières années de l’indépendance camerounaise, le pouvoir d’Ahmadou Ahidjo et les formes de dépendance qui se maintiennent après la fin officielle de la colonisation.
À partir d’une critique engagée, Mongo Beti met en cause la place de la France, la répression politique et les mécanismes qui seront largement associés à la Françafrique. Le livre a été interdit et saisi après sa parution, ce qui en fait également un document important sur la censure et la liberté d’expression.
Cette réédition permet de lire un texte situé dans son époque, tout en éclairant les débats sur les indépendances africaines, le néocolonialisme et les relations franco-africaines.
Présentation de l'éditeur
Le texte suivant est la présentation de l’éditeur. Il restitue la position critique de Mongo Beti et le contexte politique de la publication.
À l'occasion des cinquante ans de l'indépendance du Cameroun (1er janvier 1960), ce livre culte de la lutte contre le colonialisme et la Françafrique paraît dans La Découverte/Poche, avec une préface inédite qui retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions.
Mongo Beti (1932-2001), écrivain camerounais, est connu pour ses romans, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci. Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l'éditeur poursuivi, et l'auteur l'objet de multiples pressions et menaces. Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d'une actualité brûlante à l'heure de l'intervention française au Zaïre. Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d'Afrique occidentale française et d'Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n'en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France. Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la " Françafrique ". Une préface inédite, d'Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions
À propos de Mongo Beti
Mongo Beti (1932–2001), né Alexandre Biyidi-Awala au Cameroun, était romancier, essayiste et intellectuel anticolonial. Agrégé de lettres classiques, il a fondé avec Odile Tobner la revue Peuples noirs, Peuples africains.
Son œuvre comprend des romans comme Ville cruelle, publié sous le pseudonyme d’Eza Boto, et Le Pauvre Christ de Bomba. Après plusieurs décennies en France, il est retourné vivre au Cameroun en 1994.
Commentaire
"Main basse sur le Cameroun" de Mongo Beti est une œuvre importante qui aborde des thèmes controversés tels que le colonialisme et la répression politique. Il occupe une place significative dans l'histoire de la littérature africaine et est souvent apprécié pour sa réflexion critique sur les réalités politiques et sociales. Le livre a été publié en 1972 et critique sévèrement la direction politique au Cameroun ainsi que les impacts du colonialisme. L'auteur, Mongo Beti, était connu pour sa position critique à l'égard des problèmes politiques en Afrique.
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