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ISBN: 978-2-35522-110-1
✍🏾 Auteur: Elsa Dorlin
🏢 Éditeur: Zones
🌍 Langue: Français
📖 Nombre de pages: 252
📏 Dimensions: 14.1 x 20.6 x 2.1 cm
Ce que tu reçois avec ce livre
Une généalogie philosophique de l’autodéfense politique, du désarmement des personnes réduites en esclavage par le Code noir à l’Algérie coloniale et aux violences d’État contemporaines.
Des histoires de résistance et de protection collective : jiu-jitsu des suffragettes, pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie, Black Panthers et patrouilles queer.
Une relecture critique de la philosophie politique qui met Hobbes et Locke en dialogue avec Frantz Fanon, Michel Foucault et Judith Butler.
Pour qui c’est adapté
Pour celles et ceux qui veulent réfléchir avec nuance à la violence, à l’autodéfense, au pouvoir et à la construction du sujet politique.
Pour étudiant·e·s, enseignant·e·s et militant·e·s en philosophie, études de genre, études postcoloniales, études critiques du racisme et théorie politique.
Pour les lecteur·rice·s qui souhaitent approfondir Fanon, Foucault, Butler et l’histoire des mouvements antiracistes, féministes et queer.
Thèmes
Violence légitime, autodéfense politique, désarmement des groupes opprimés et droit de se protéger.
Code noir, esclavage, Algérie coloniale, racisme, violences d’État et hiérarchie des vies jugées « défendables ».
Suffragettes, ghetto de Varsovie, Black Panthers, autodéfense queer et « éthiques martiales de soi ».
En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucunes armes offensives ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au xixe siècle, enAlgérie, l'État colonial français interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s'armer. Aujourd'hui, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent tout en prétendant qu'il était agressif, armé et menaçant.
Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d'être défendus » et ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce « désarmement » organisé des subalternes et des opprimés au profit d'une minorité jouissant d'un droit permanent à porter des armes et à en user impunément pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.
Du jiu-jitsu des suffragettes aux pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie, des fusils des Black Panthers aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie philosophique de l'autodéfense politique. Derrière l'histoire officielle de la légitime défense, il est ici question du récit des « éthiques martiales de soi », ces histoires ensevelies où le Sujet ne préexiste pas à sa propre défense, où le fait de se défendre en attaquant apparaît à la fois comme la condition de possibilité d'un soi et la matière des mythologies politiques.
Cette histoire - une histoire de la violence - conditionne la définition même de la subjectivité moderne. Elle s'écrit à la lumière d'une relecture critique de l'histoire de la philosophie politique, où Hobbes et Locke sont à confronter avecFrantz Fanon, Michel Foucault ou Judith Butler.