Le vent emporte les paroles, mais les actes restent. (Proverbe des Comores)

Die Dschinn‑Insel: Wie der Vulkan Karthala die Insel Ngazidja erschuf (Komoren)

L'Île du Djinn : Comment le volcan Karthala a créé l'île de Ngazidja

Comores

Cette légende de la création des Comores raconte comment un djinn, un joyau et un volcan ont créé une île entière – et mêle mythe, islam et observation de la nature.

Cette mythologie comorienne mêle les traditions narratives islamiques aux observations africaines de la nature, faisant de l'île un véritable répertoire de paysages spirituels.

Origine

La légende trouve son origine aux Comores, un archipel tropical de l'océan Indien. Plus particulièrement sur l'île de Ngazidja (Grande Comore), les habitants se transmettent depuis des siècles des récits qui lient l'origine de leur terre natale à des forces surnaturelles et à des figures sacrées. Ces contes mêlent les observations africaines de la nature aux concepts islamiques de création, d'esprits et d'ordre divin.

Thème

La fable explique, de manière mythique, comment Ngazidja est née du feu – symbole de la profonde activité volcanique du Karthala, mais aussi de la croyance spirituelle selon laquelle chaque phénomène naturel est l'expression de la volonté divine.

La Fable elle-même

Il y a fort longtemps, alors que le monde était encore jeune et que la mer sommeillait d'une agitation inextinguible, un djinn de feu pur parcourait l'immensité du ciel. Il était l'un des plus puissants de son espèce, créé d'une flamme sans fumée, fier et libre. Il portait à la main un joyau si éclatant que même les étoiles pâlissaient devant lui. C'était un don, disait la légende, que Dieu lui avait jadis confié – symbole de son pouvoir, mais aussi de sa responsabilité.

Un jour, alors que le djinn traversait les eaux de l'océan Indien, il se retrouva aux prises avec les vents qui déchaînaient la mer. La tempête faisait rage et, dans un moment d'inattention, le joyau lui échappa des mains. Il plongea et sombra dans les profondeurs de l'eau avec un sifflement. Aussitôt, une flamme jaillit de la mer, circulaire et flamboyante, comme si le ciel lui-même s'était embrasé.

Pendant des jours, la mer brûla. La fumée s'élevait et l'eau bouillait, jusqu'à ce que le feu se solidifie en pierre et en cendres. De cette croûte incandescente émergea la terre – l'île de Ngazidja. Au cœur de l'île se dressait une montagne imposante, le volcan Karthala, où l'étincelle perdue du joyau continuait de briller. Aujourd'hui encore, beaucoup croient que le feu des djinns brûle toujours là, profondément sous la terre, soupirant, tournant, inextinguible depuis la nuit des temps.

Plus tard, on raconte que le roi Salomon (Soulayman) et la reine Bilqis de Saba visitèrent l'île nouvellement formée lors de leur voyage à travers le Royaume de la Création. Salomon, à qui Dieu avait accordé le pouvoir sur les djinns et les humains, posa la main sur le sol de Karthala et dit : « Ici repose le feu que Dieu a donné aux esprits, et qui nous enseigne comment la création et la destruction jaillissent d'une source unique. »

Mais Bilqis aurait répondu : « Que cette terre porte donc le souvenir du feu, signe que seule la sagesse peut maîtriser les braises. »

Depuis lors, on appelle Ngazidja « l'Île Créée par le Feu ».

Morale de l'histoire

La fable nous enseigne que le feu peut à la fois détruire et créer, reflet du pouvoir divin et de la dualité même de la vie. Elle nous rappelle que le pouvoir sans discernement devient dangereux et que, pour beaucoup, des phénomènes naturels comme les volcans sont bien plus que de la simple géologie : ils sont l’expression d’un monde vivant, imprégné de spiritualité.

Contexte de l’histoire

Le volcan Karthala est un stratovolcan actif qui continue de façonner le paysage, le climat et la culture de Ngazidja. Ses éruptions régulières ont inspiré des interprétations locales qui perçoivent la nature comme une expression des forces spirituelles.

La présence du roi Salomon et de Bilqis illustre également les liens profonds qui unissent les Comores au monde islamique et au monde arabe, liens cultivés au fil des siècles par le commerce, la foi et les traditions orales.

Ainsi, un phénomène géologique se transforme en un récit sacré sur l’origine, le feu et l’équilibre – et Ngazidja apparaît non seulement comme une île, mais comme un symbole vivant de l’étincelle créatrice qui façonne le monde.

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